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Composition électroacoustique et performance · 2025

Bologne

Corps, ville et haïkus démographiques

Bologne est une composition électroacoustique et performative qui réunit un thérémine artisanal, une recherche sur le mouvement et une écriture de haïkus démographiques. Elle prend appui sur un travail mené à Bologne autour de la démarche chorégraphique de William Forsythe, en dialogue avec le butō.

La ville traverse la pièce par ses nombres autant que par ses sensations : populations, foules, pas, voix, pierres et silences. Le corps devient le lieu où ces différentes échelles se rencontrent.

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Performance à l’EJMA · 29 mars 2025 · 4 min 18 s
Vidéo utilisée en fond dans la performance : voir la vidéo source sur YouTube (repère : 5 min 15 s).

Composer par le mouvement

Les technologies d’improvisation de Forsythe nourrissent une recherche sur la géométrie du geste : tracer, orienter, prolonger une ligne, éprouver les relations entre le corps et son environnement.

Le butō ouvre une autre dimension de cette recherche : celle d’un corps traversé par des transformations, des états et des images intérieures. Floraison, disparition et renaissance constituent un vocabulaire de travail. Leur rencontre avec l’approche de Forsythe nourrit la composition du mouvement.

Le thérémine artisanal inscrit cette exploration dans une relation instrumentale. Jouer sans contact engage la distance, la position et le déplacement. Le geste possède une présence visuelle tout en participant à la production du son.

Les nombres deviennent des voix

Les haïkus démographiques condensent une ville en quelques lignes. « Quatre cent mille regards », « un million de pas », « un million de silences » : les nombres prennent la forme d’une foule, d’un rythme ou d’une absence.

Au fil des textes, Bologne se peuple et se vide. Les arcades abritent des passages, les pierres retiennent la chaleur, la brume efface les tours. Les saisons et les variations de densité humaine deviennent des matières poétiques.

Cette écriture se prolonge dans le poème Bologne, Cité Silencieuse, où la ville demeure alors que ses habitants semblent avoir disparu.

Construire la matière sonore

Le travail de composition rassemble des prises de thérémine, de voix parlée et de trompette. Les haïkus et le poème entrent dans un processus d’enregistrement, de transformation et de montage électroacoustique.

La pièce se construit entre ces temporalités : le geste instrumental, la durée d’une phrase, le développement d’une texture et les ruptures du montage. La performance confronte cette matière composée à la présence du corps.

Performance à l’EJMA

La captation présente Bologne à l’EJMA, le 29 mars 2025. Elle documente une forme réalisée de cette recherche entre musique, parole et mouvement.

Le projet se prolonge ensuite dans une réflexion scénique plus large : marche décomposée, verticalité instable et « foule intérieure » ouvrent de nouvelles pistes pour faire passer la densité de la ville dans le corps du performeur.

Manuel Lambert / mla.black
Composition électroacoustique et performance — 2025
Captation : EJMA, 29 mars 2025

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